Réaliser un projet de solidarité internationale c’est bien. Qu’il soit durable dans le temps, c’est mieux !

Image1Réaliser l’audit des projets de solidarité internationale passés, c’est l’idée du projet SHERPA (Suivi Humanitaire et Retour de Projets Antérieurs) de l’association Solida’Rire.

SHERPA, c’est un reportage de 7 mois en Afrique de l’Ouest (Sénégal, Burkina Faso et Togo), puis en Amérique du Sud (Pérou) dans le but d’auditer 20 projets de solidarité internationale menés et de comprendre ce qu’ils sont devenus.

Se rendre sur place, c’est découvrir comment ces projets  ont évolués sur le long terme, voir quelles sont les solutions immédiates à apporter, mais aussi renouer le contact parfois perdu entre l’association et les populations locales  afin de répondre à ces questions: Que sont devenus les anciens projets? Ont-ils une utilité pour la population? Ces populations ont-elles encore besoin d’aide?

A l’aide de critères déjà définis en amont avec les anciens chefs de projets, la mission SHERPA a comparé l’impact de ces projets par rapport à leurs objectifs initiaux. Le but: effectuer un retour d’expérience à grande échelle, bénéfique à Solida’Rire en améliorant la qualité de ses futurs projets. C’est donc au travers d’un film décrivant leurs aventures, qu’ils ont décidés de sensibiliser Solida’Rire et les autres associations étudiantes porteuses de projets de solidarité internationale aux enjeux d’une véritable mission d’audit.

Ce film partage leur expérience, transmet les enseignements  de leur périple afin de vous donner des idées et des outils pour réaliser vos propres projets et les inscrire dans la durée.

Qui sont donc ces SHERPA ?

3 étudiants ingénieurs grenoblois : Bastien, Baptiste et Clément, fervents défenseurs de l’engagement associatif. Sensibilisés aux questions de solidarité internationale, notamment grâce aux formations du Réseau Jeunesse et Solidarité Internationale (RJSI), ils ont monté ce projet ambitieux et plein de sens avec le soutien de la Fondation Partenariale de Grenoble INP.

Partons à leur rencontre…

  • D’où vous est venue cette idée ?

 « En première année d’école, Clément et Bastien ont chacun dirigé un projet de Solida’Rire qu’ils ont mené respectivement au Sénégal et au Pérou. Frais de leur expérience, et avec l’envie de repartir, nous avons réfléchi tous les trois à un projet nous permettant d’en apprendre plus sur le monde et ses cultures, tout en continuant sur les voies de la solidarité. Cette même année, l’effectif de Solida’Rire avait doublé. Deux fois plus de missions, d’étudiants engagés ; or nous n’avions jamais eu de retours des anciens. Pour améliorer nos projets, nous avons donc choisi de monter un projet d’audit, et retourner sur tous les projets. 17 au total, autant dire que l’année de préparation fut intense, et surtout très enrichissante ! »

  • Comment s’est déroulé le projet ?

« La question est vraiment large, puisque cette mission, comme tout projet, comprenait trois étapes : la préparation (12 mois pour SHERPA), la mission sur le terrain (7 mois), et enfin le plus important, le retour d’expérience (6 mois) !

Notre préparation a compris la recherche de partenaires, la préparation de nos missions sur place (qui sont les contacts important sur tel projet, de quelles infos disposons nous, quel est l’historique connu ?). J’insiste un peu sur cette phase là, car elle demande beaucoup de travail et de motivation, et c’est ce qui a grandement contribué au succès de notre mission.

Sur le terrain, ça a été 9 mois de pure folie, à base de découverte, de voyage et surtout de partage.. Mais cette partie de l’histoire, c’est notre film qui vous la racontera!

A notre retour, notre objectif était de transmettre le maximum de notre expérience aux membres de Solida’Rire, mais aussi à toutes les associations étudiantes ou pro œuvrant dans la SI. Outre les rapports d’activité qui nous avons réalisé pour chaque projet, nous avons donc réalisé un film pour résumer les enseignements les plus importants que nous avons tiré de cette mission. Honnêtement, cette partie qui est la plus importante, c’était aussi la plus difficile. On n’avait pas prévu assez de temps pour ça. Il a fallu l’associer à notre retour sur les bancs de l’école, et juste le montage du film, ça nous a demandé énormément de temps. Heureusement on est resté soudés jusqu’au bout !! »

  • Qu’est-ce que vous en retirez ?

« Énormément d’apprentissages sur le plan perso et le plan pro. Cette mission, on s’en souviendra toute notre vie. Quand tu réalises une mission comme celle-ci, tu gagnes beaucoup en confiance dans tout ce que tu fais, t’as plus peur de te mettre la barre trop haut, tu te dis plus « ça, c’est impossible pour moi ». Et déjà ça, c’est un gros plus. Je pense que c’est l’enseignement le plus important que ça nous a apporté. »

  • Quels conseils donneriez-vous à une association étudiante qui veut capitaliser ses projets ? Et pourquoi faire un film pour en parler ?

« Pour commencer je dirais à une cette asso de regarder notre film de 35 minutes. Il résume vraiment tous les points importants et les conseils qu’on a voulu donner à ce genre d’assos.

Sinon, globalement, il ne faut jamais oublier qu’un projet compte trois parties bien distinctes. Le problème c’est qu’une association ne pense souvent qu’à une étape, celle de la réalisation. Mais AVANT, il y a la préparation : ça n’inclut pas uniquement la récolte de fonds, on débarque pas chez le « client », dans la structure locale en Afrique, dans le village au Pérou comme ça.. Et APRES, il y a le retour d’expérience, sous forme de rapport, de vidéos, de tutorat de nouveau projet, d’accompagnement des nouveaux, etc.

Pourquoi un film ? C’était un moyen de transmettre l’essentiel de ce qu’on a appris à n’importe qui en 30 minutes top chrono ! C’était aussi un bon moyen de conserver des souvenirs en images, et de motiver les étudiants à s’engager, parce que l’associatif, ça nous a changé notre vie. »

En savoir plus sur la page Facebook de Solida’Rire.

Interview : Samuel, animateur réseau Rhône-Alpes (Grenoble) chez E&D.