Lumière sur l’association Human’East

                                                     Projet « D’Est en Ouest, tous solidaires »
Déconstruire les stéréotypes sur l’Ukraine et les jeunes Ukrainien·e·s
Résultat de recherche d'images pour "logo human'East"

Interview réalisée avec Martin Bruyelles, actuel président de Human’East, qui revient sur le projet lauréat du PIEED 2013.

Est-ce-que vous pouvez présenter votre association et décrire votre projet?

Human’East, c’est une association de solidarité internationale de l’EDHEC Business School, basée à Lille. Nous  menons depuis de nombreuses années des projets humanitaires en Ukraine, notamment auprès d’enfants malades, orphelins ou défavorisés. Nous cherchons aussi à promouvoir la culture ukrainienne en France au travers de différents événements comme la soirée East’Again. En 2013, les membres de l’association ont décidé de se lancer dans le projet  D’Est en Ouest, tous solidaires, qui a abouti à la création de Nova Ukraïna un reportage sur la jeunesse ukrainienne.

Quel était l’objectif de votre projet ?

L’objectif était de sensibiliser la jeunesse française, et en particulier lilloise sur la réalité des jeunes ukrainien·ne·s, de briser les stéréotypes, et de parler d’un pays très méconnu, en dépit de sa position géopolitique centrale. Mes prédécesseur·e·s ont donc réalisé un reportage composé d’interviews avec de jeunes ukrainiens. La diffusion du film s’est faite sous une forme interactive, intégrant des échanges avec le public. Human’ East a notamment travaillé avec des partenaires issu·e·s de la diaspora ukrainienne en France. Enfin, nous avons aussi organisé une exposition photographique avec un photographe ukrainien.

Comment s’est déroulé votre projet? 

Le projet a été lancé en 2013 mais il a dû être reporté d’année en année pour des raisons de sécurité (ndlr : débuts de la crise ukrainienne et de la guerre du Donbass). Finalement, le reportage a pu être tourné au printemps 2016 par l’équipe de l’époque, et le montage du film a été réalisé l’été suivant. La première projection a eu lieu pendant le WEEeD 2016 ( weekend annuel de formation d’Étudiants et Développement), puis dans un cinéma de Lille. Aujourd’hui vous pouvez retrouver ce reportage en intégralité sur notre site !

Quel est le message de votre film ?

Le film montre bien le paradoxe que connaît actuellement l’Ukraine, avec une jeunesse qui, d’un côté est ultramoderniste sur certains sujets, presque plus que chez nous en France. Par exemple, on a été frappé par la sexualité omniprésente dans certaines publicités. D’un autre côté, on trouve aussi une jeunesse traditionnelle, où les jeunes se fiancent et se marient tôt. C’est un pays qui se développe à toute vitesse, dans les mœurs notamment, mais on sent également le poids de la religion (orthodoxe) et de la tradition. C’est un pays plein de paradoxes, de tensions politiques entre les pro-russes et les pro-Europe, entre la campagne et la ville. Le but du reportage c’était de montrer que tout n’est pas linéaire.

Quelle a été la réaction du public à la réception de votre film ?

La réaction lors de la première du film à Lille était intéressante, en effet il y avait des Ukrainien·ne·s dans le public.  À Lille, il y a deux diasporas ukrainiennes: l’une est assez récente et l’autre, plus ancienne, a des liens moins fréquents avec l’Ukraine. Pour ces derniers, le reportage a plus été une découverte. Ce film fait aussi écho chez le public français , il renvoie à des choses similaires qu’on a vécu en France, avec l’affaiblissement de l’Eglise. Sauf que, en Ukraine, la libération des mœurs elle est vécue puissance 1000 ! C’est beaucoup plus violent, plus marqué, à tel point que ça paraît choquant. Ils passent d’un extrême à l’autre en permanence.

L’un des objectifs du reportage était de déconstruire les stéréotypes sur l’Ukraine. Tu peux nous en dire un peu plus ?

Dans les premières minutes du film, on voit l’interview de jeunes Français qui présentent leur vision de l’Ukraine. On voit tout de suite que l’Ukraine est un pays très méconnu. Il y a beaucoup de stéréotypes sur la prostitution, les filles de l’Est… Même si, aujourd’hui, une image qui vient à l’esprit quand on parle de l’Ukraine c’est aussi le conflit. Le reportage essaye de déconstruire ces préjugés en donnant la voix à de jeunes étudiant·e·s ukrainien·ne·s.

Qu’est-ce-que ce film a apporté à votre association et à ses membres ?

Ce projet a permis de renforcer l’expertise de l’association. Il a souligné l’importance de bien connaître un pays avant d’y mener un projet. Sur le plan personnel surtout, on a pu découvrir ce que vivent des jeunes de notre âge. Ça nous a permis d’aller au-delà du projet humanitaire, de nous intéresser à la culture locale. On rencontre des jeunes qui n’ont pas la chance de pouvoir voyager, nous c’est différent. C’est aussi pour ça qu’on cherche à promouvoir une vision différente de l’Ukraine.